Il n’y a pas pire qu’un sauveur rempli de bonnes intentions, mais si bonnes intentions il reste (et c’est le cas, je le sais), j’ai bon espoir que cet article, bien qu’il ne puisse parler au plus grand nombre, puisse en aider certains. J’ai commencé par un récit personnel afin de poser le cadre de ma pensée, qui si il est loin d’être isolé a pour limite un groupe de personnes en proie à leurs propres contradictions, mais qui n’étaient pas des contradictions militantes.
Le premier terrain de compréhension mutuel se situe sur celui du tabou ; non pas le nôtre, mais celui de l’observateur, tabou défini par la froideur du regard du scientifique face a des bêtes curieuses qu’il refuse de nommer « humains » tant elles lui paraissent dénuées de sens et de raison. C’est par exemple le regard du policier, du médecin, de l’éducateur, de l’ASE, prolongements actualisés de celui de l’anthropologue, auquel nous essayons de nous soustraire le plus possible et pas seulement parce que le croiser rend la mort bien trop proche. Echapper à ce regard c’est également protéger sa famille et les siens au sens large ; car les dégénérés n’ont jamais le luxe de l’individualité. En bons rats de laboratoire nous agissons « pour tous les autres et comme tous les autres », tantôt barème, statistiques, ennemis, victimes, nous personnifions des populations, des territoires, des pays, bref nous sommes des « zones » et des « zonards » puisque nous errons dans un vide anhistorique, intemporel, auquel on peut appliquer n’importe quelle définition aussi contradictoire soit elle. Si le sujet des dénommées « mutilations génitales féminines » me tient particulièrement à cœur c’est qu’à l’instar, voire plus, du terrorisme, du crime organisé et du trafic d’êtres humains, il est le barème central duquel on décide du Bien et du Mal. Tout tient dans l’énoncé, qui à lui seul porte un shift du narratif ethnocentré comme de l’Histoire du féminisme du Nord, l’atteinte aux organes reproducteurs féminins spécifiquement permettant de classifier les femmes du Sud AVANT TOUT comme des femmes via la division genrée biologique de leur appareil génital, et de les rendre victimes du patriarcat incarné dans les hommes du Sud, devenus pour l’occasion vestiges du « patriarcat primitif », les « patriarches primordiaux » (Fusaschi, 2020) opposé au « patriarcat résiduel » de la civilisation des Lumières, morte coloniale, et ressuscitée féministe. Pour annoncer la Bonne Nouvelle cependant il faut des vitrines tout aussi spectaculaires, y compris à domicile.
Le tabou tient à peu de choses : la mutilation (pulsion de mort) n’est pourtant pas si éloignée d’un parcours de soin comme la chirurgie (pulsion de vie), et je me trouve bien embarrassé lorsque j’observe pour la première fois des militants trans faire des pieds et des mains pour prouver scientifiquement que ce qui construit leur identité est détenu par l’institution médicale. Embarrassé d’abord puis effaré, lorsque je constate qu’une transition doit répondre à un cahier des charges confortable autant pour les yeux de l’observant que de l’observé. Aussi, le combat de la « communauté transgenre » française à ce moment là porte une attention toute particulière à éloigner d’elle tout ce qui peut évoquer la blessure, le dégoût, mais également l’inutile et disons le la barbarie ; il s’agit de prouver, rationnellement, scientifiquement, que tout acte transitif est un acte utile qui fait passer la personne d’un état dysfonctionnel à fonctionnel, et surtout un acte thérapeutique qui ne transforme pas mais qui fait « revenir à la normale ». « Thérapeutique » en France est un mot assez particulier : immédiatement affilié au médical, il est soumis à un régime de preuve, de surveillance, d’hygiène, de contrôle et d’autorité. Des amis, une famille, une communauté ne sont pas thérapeutes et sont exclus du domaine du soin – ils ne peuvent être que le rôle qui leur a été assigné (le soutien, l’entretien, la distraction et le superflu) puisque le soin communautaire ne peut être rationalisé dans le sens « quantifié », donc soumis à un indice de calcul universel permettant de déterminer son efficacité. C’est dans ce « souci » pratique de calcul que le thérapeutique et le soin sont eux aussi assignés à une zone qui se prétend neutre et objective : l’institution médicale, qui fonctionne avec ses barèmes, ses indices, ses données. Une société de contrôle est donc une société rationnelle et rationalisable dans le sens mathématique. On comprend un peu plus aisément par exemple le focus particulier des pays dits « développés » sur le trafic d’êtres humains, le terrorisme, l’adhésion et la compliance, les femmes, la torture et les droits humains lorsqu’on prête attention aux indices et barèmes quantitatifs de calcul dudit « développement ». On comprend aussi la valeur inestimable de la data, la donnée, et son statut hiérarchique en fonction de son origine et de l’ancienneté de ses items ; pour produire une donnée à haute valeur il faut une concentration contextuelle de la recherche, des organismes de collecte, de distribution, une adhésion à la méthode mais également à la metadata, à ce qui entoure la donnée, et donc sa signification.
J’aimerais souligner ici un point important : calculer, quantifier, chiffrer, ne fait pas d’une société une société de contrôle, ni même une société capitaliste. Le souci est que la valeur n’est jamais décorrélée de l’endroit qui la produit, et que je parle d’un endroit (le Nord et la France dans son système) qui n’appose pas au chiffre et à ses modes de calcul une valeur contextuelle, décentralisée, temporaire, discutable, mais une valeur « vraie » ou « fausse » et sa délégation de synonymes qui s’appuie sur l’adhésion à des narratifs politiques, sur leur existence et leur temporalité : le « vrai » est aussi le « bon », qui est aussi l’« utile », le propre, l’efficace, le raisonnable qui forme le corpus de la réalité. Je suis particulièrement inquiet à ce sujet que les groupes antiracistes français ne soient pas plus alarmés par le développement d’indices « de dangerosité » et de technologies de surveillance, de rétention, de contrôle des déplacements et de fichage puisant allègrement dans le shift fémocrate du néo colonialisme. Je renvoie à l’extrait du très long et très nécessaire The Seductions of Quantification de Sally Engle Merry qui va plus loin que le « un chiffre ne veut rien dire » et qui esquive l’angle un peu simple de la théorie de la data comme une ressource austère, irréelle, nécessairement destinée au relativisme ou indigne d’intérêt. « Seduction » et « Quantification » marchent ensemble et la « valeur » ne précède ni le monde, ni la pensée. «L’information quantitative influence l’aide aux pays en développement, les décisions d’investissement, le choix des destinations touristiques et bien d’autres décisions. Un pays présentant de mauvais indicateurs en matière d’état de droit, de respect des droits humains et de suivi s’expose à une intervention et une gestion internationales. Plutôt que des représentations objectives du monde, ces quantifications sont des constructions sociales, fruits de longs processus de consensus et de contestation. Une fois établies et reconnues, elles circulent souvent au-delà de la sphère initialement prévue par leurs créateurs et se détachent de leurs choix et compromis méthodologiques. Derrière la « vérité » apparente du savoir quantifié, les indicateurs s’inscrivent dans un régime de pouvoir fondé sur la collecte, l’analyse et la représentation des données. Il est essentiel d’identifier ceux qui élaborent ces indicateurs, d’où viennent ces personnes et quelles sont leurs compétences. Plutôt que de révéler la vérité, les indicateurs la créent. Or, le résultat n’est pas une simple fiction, mais une manière particulière de segmenter et de faire connaître une réalité parmi d’autres. Lorsque les indicateurs passent du domaine des sciences sociales à celui utilisé par les décideurs et le grand public, les limites et les complexités reconnues par leurs créateurs – telles que la rareté des données, le recours à des indicateurs indirects et l’incertitude liée à des données erronées ou manquantes – sont généralement gommées. »
Structurellement, la consolidation et la production des indices, index, statistiques en tant que savoir hiérarchique ne se base pas sur une volonté de traduire une réalité, mais de la créer une et indivisible, non pas comme une somme harmonieuse ou plurielle, mais comme un bloc ; dans une société construite sur le colonialisme et sur la croyance du civilisé et du primitif, , « créer » la réalité consiste également à combler le « vide » qui sépare les antagonismes pour former un récit cohérent. Le développement implique le sous développement, le développé constitue le barème du sous développé qui doit, pour mériter son shift de la « voie de développement », adopter la même réalité et le même langage ; qui peut mesurer le développement peut mesurer le monde, qui peut définir un seuil peut définir une crise, qui définit la crise détient les solutions ; qui peut définir détient le savoir.
Avec ceci en tête revenons aux militants transgenres et à la mutilation. Le militantisme français de gauche, y compris radical, décolonial, de rupture et antiraciste, n’échappe évidemment pas au cadre de sa genèse ; dans un cadre de lecture ou l’oppression et la tyrannie sont intimement liées aux considérations morales et dualistes, il est somme toute relativement logique que le jeu des synonymes évoqué précédemment génère la suite d’idées suivantes : c’est l’oppresseur qui est barbare, irrationnel, obscurantiste, pas nous. Nous somme dans le vrai, le bon, l’éclairé, et nous allons vous le prouver. Ici se pose un second problème : la preuve, sa production, sa valeur, dépend d’une existence politique donc d’un imaginaire et d’une pensée entièrement située, d’un cahier des charges institutionnel et d’une obligation de résultat. Si on veut prouver qu’une chirurgie de réassignation sexuelle ne relève pas de la mutilation au sens défini par l’OMS alors il faut prouver l’assimilation du corps politique « trans » à des critères quantifiables civilisés, universels, anhistoriques, décontextualisés, et engendrer la naissance du barème de mesure « trans », d’une classe des trans dont les contours sont nivelés par son « avant-garde éclairée » qui définira son ontologie, ses ennemis existentiels. Mais à l’adhésion au pacte s’ajoute une condition cruelle : se signaler comme critère de civilisation, c’est donner au barème colonial une unité de calcul supplémentaire. Pour un donné il y a un rendu : la réassignation sexuelle comme soin à but thérapeutique contre la racialisation de la définition de mutilation génitale et l’imaginaire mobilisable nécessaire à l’adhésion.
L’OMS fait des MGF (mutilations génitales féminines) une affaire de santé, puis une affaire de droit. Il semblerait que ce narratif soit largement adopté, ce qui est parfaitement logique: une mutilation porte en son propre nom la myriade de choses à laquelle on pense lorsqu’on le lit ou le prononce, une plaie ouverte, suppurante, le sang qui coule à flots, la violence, son caractère définitif et la perte. Etre mutilé, c’est revenir d’une zone de guerre : une zone de guerre, c’est une zone où il est impossible de consentir, impossible de vivre, impossible d’être libre, heureux, bref, être mutilé, c’est avant tout une affaire de marque dans le sens où elle doit pouvoir être clairement lue et identifiée comme une mutilation. Lisons la définition des MGF sur le site de l’OMS :
Type 1 : ablation partielle ou totale du gland clitoridien (petite partie externe et visible du clitoris et partie sensible des organes génitaux féminins) et/ou du prépuce/capuchon clitoridien (repli de peau qui entoure le clitoris).
Type 2 : ablation partielle ou totale du gland clitoridien et des petites lèvres (replis internes de la vulve), avec ou sans excision des grandes lèvres (replis cutanés externes de la vulve).
Type 3 : « infibulation », ou rétrécissement de l’orifice vaginal par recouvrement, en sectionnant et en repositionnant les petites lèvres, ou les grandes lèvres, parfois par suture, avec ou sans ablation du prépuce/capuchon et gland clitoridiens.
Type 4 : toutes les autres interventions néfastes au niveau des organes génitaux féminins à des fins non médicales, consistant par exemple à piquer, percer, inciser, racler ou cautériser les organes génitaux.
Le maximum de l’antiracisme consiste à dire qu’on condamne la « pratique » mais pas les personnes concernées : « néfaste » est mis au même niveau que « non médical » ce qui signifie plusieurs choses : la totalité des techniques de modifications corporelles africaines féminines (concentrées sur l’Afrique de l’Est, de l’Ouest, Nord-Est en particulier, le Moyen-Orient et l’Asie étant pour l’occasion listés en tant que foyers de risques secondaires), qui ne se déroulent ni de la même manière, ni pour les mêmes raisons, ni dans les mêmes temporalités, ni dans les mêmes lieux, parce qu’elles sont considérées comme non médicales, relèvent de la folie, donc de la sauvagerie qui ne peut dans cette logique s’inscrire dans aucune historicité autre qu’un repère du barème que je définirai comme « l’indice d’arriération ». Le primitif aliéné n’obéit qu’à la « tradition », elle aussi non médicale et donc néfaste, rendue que plus monstrueuse par l’adhésion de sa « communauté » à cette « pratique » qui devient l’alpha et l’oméga de ladite « tradition » (on nous précise bien sur le site de l’OMS qu’aucun livre religieux ne prescrit cette mutilation, nous rappelant que les primitifs sont assez fous pour ne même pas réussir à suivre ce qui se rapprocherait le plus d’un objet scientifique pour les fins analystes responsables de cet exposé mirifique. Cette association quasi automatique de l’incompréhensible barbare à « la religion » est symptomatique dans le sens où un rite, quel qu’il soit, est propre à des groupes, familles, peuples, lieux, et qu’il n’est ni monolithique, n’obéit pas nécessairement à des continuum, ni représentatif en lui même). L’éléphant au milieu de la pièce étant que la lecture genrée de ces modifications corporelles se donne comme des témoignages accablants du patriarcat primitif dont le seul but est de « mutiler à vie leurs femmes et leurs jeunes filles », femmes et jeunes filles bien évidemment sous emprise totale et complètement barjos au point d’assister les hommes sauvages dans leurs sombres boucheries. Sont alors évacués soigneusement un nombre alarmant d’éléments qui ne font pas plus que ça tiquer la quasi totalité des ONG, associations, organisations et autres groupements très attentifs à ces questions qui garantissent un financement instantané et une place de choix dans les petits papiers du gouvernement (on peut lire par exemple dans le volet « stratégie internationale de la France pour une diplomatie féministe » la chose suivante « La France consolidera l’éventail de financements qui contribuent à l’égalité de genre et aux droits des femmes et des filles, et favorisera le développement de financements innovants comme le recours aux cofinancements, l’octroi de prêts concessionnels en matière d’égalité de genre, le déploiement de la microfinance et l’émission d’obligations sur le genre – y compris d’obligations à impact sur le développement (Development Impact Bond) axées sur le genre. Les démarches entreprises pour associer tous les acteurs, y compris les banques de développement et le secteur privé, seront poursuivies afin d’orienter les flux financiers vers l’égalité de genre et d’offrir un espace de dialogue sur les financements innovants et porteurs de transformation en matière d’égalité de genre. » https://www.agenda-2030.fr/IMG/pdf/version_complete_-strategie_internationale_de_la_france_pour_une_diplomatie_feministe_2025-2030_-16-10-25_cle053444.pdf
Les « différences culturelles » ne sont convoquées que pour marquer la prétendue absence de morale, de liberté, d’hygiène. Il « manquerait » quelque chose à ces populations sans nom, à ces zones perdues, cet axe du Mal apparemment peuplées de tyrans sanguinaires et d’aliénées résignées qui ne font des choses que parce que « c’est comme ça ». Lorsqu’on se plonge dans la question des modifications corporelles génitales, les voix dissidentes sont extrêmement rares, et les voix indigènes complètement absentes ; une lecture militante un peu réductrice consisterait à conclure à leur invisibilisation, mais sans être fausse elle exclut aussi simplement le fait que ces modifications font partie d’un corpus extrêmement varié de traditions, rites, épreuves qui sont une expérience intime, communautaire, qui dans leurs localités ne portent pas une seule fois le nom, la signification, ni même le but de « mutilation ». Le prétendu « silence » des femmes du Sud à ce sujet est lui aussi interprété comme un signe d’aliénation (car dans ce jeu on ne gagne jamais) et de soumission. Il paraît pour l’OMS comme pour les ONG parfaitement impossible que des femmes n’aient simplement pas envie de parler de leurs organes génitaux à des étrangers et des organismes qui tournent (mal) en boucle sur leurs familles, leur pays, leurs villes, leurs ancêtres, leur Histoire, leur organisation, et qui décident de les désigner par un terme stupidement réducteur pour elles comme pour la totalité de leur être et leur construction, incapables de surmonter le dégout que ces femmes ressentent d’ailleurs lorsque des femmes étrangères leur annoncent qu’elles ne sont pas circoncises, dégoût soit dit en passant relevant de considérations différentes et variées allant de la considération esthétique à la moquerie, la non circoncision pouvant relever d’une immaturité certaine. Richard Schweder écrit « La plupart des femmes africaines ne considèrent pas l’excision sous l’angle des droits humains. Les femmes qui approuvent l’excision féminine affirment généralement qu’elle fait partie intégrante de leur patrimoine culturel ou de leur religion, tandis que celles qui s’y opposent affirment généralement qu’elle n’est pas autorisée par leur patrimoine culturel ou leur religion. ». On voit dans ce morceau de texte que la religion, mise en avant par l’OMS comme « facteur de risque aggravant », ne montre rien en tant que « facteur ».
En creusant deux minutes sur les rapports et recommandations des différentes organisations mondiales on peut entrevoir plusieurs enjeux dans le fait d’acter tout acte de modification corporelle génitale comme « néfaste » et « sans but thérapeutique ». Une emphase particulière est mise sur les « droits humains fondamentaux » mais également sur les dispensateurs de ce droit (on voit très vite une redite de la bombe « Démocratique » pour sauver les innocents des terroristes) qui sont donc les dispensateur d’une définition juridique d’un corps universel, qui est souverain et prioritaire face à la définition du corps de chaque groupe. Au delà du culot extraordinaire du néo colon il est également important de préciser que les acteurs mobilisés localement et dans les pays du Nord sont de l’ordre de la répression, du maintien de l’ordre et de la criminalisation, il y a donc (encore) un autre shift du sens du mot « soin » qui doit s’accompagner non seulement de la mise en parallèle systématique d’une « culture » avec un modèle binaire « avant/après », toujours antagonistes, et jamais compatibles. Le doux rêveur pensera sans doute que si des communautés avaient fait part d’une pratique considérée comme une mutilation mais largement acceptée et mettant en œuvre des manières « sécurisées » et encadrées médicalement, alors ce modèle répressif n’aurait pas lieu d’être à cet endroit donné. C’est le sujet de l’article Troubles dans le Gukuna Rwandais de Michela Fusaschi, n’impliquant aucune coupure mais une élongation labiale qui en combinaison avec le Kunyaza masculin forment une des étapes d’un processus de transformation et d’attribution de genre, et qui bien évidemment a été désigné d’abord par les missionnaires comme de la masturbation, une des justifications pour le viol des femmes durant le génocide, puis réduit au fait de devenir une « bonne épouse », induisant une lecture du Gukuna comme une mise à disposition et l’état de la femme avant le rituel comme un état d’incomplétude. Et l’OMS de déclarer le Gukuna comme une mutilation (on pourrait à ce stade croire à une vaste plaisanterie lorsque l’élongation, dont les femmes qui le pratiques rapportent une expérience positives et constitutives de leur identité, est ôtée des définitions de la mutilation… avant d’être réintégrée à la hâte dans une annexe). et de préciser sa définition d’une atteinte au droit par la « convention sociale » et la « pression sociale ».
L’article Harms of the current global anti-FGM campaign signé notamment par Richard Scwheder et Fuambai Ahmadu (dont les recherches et le travail sont appuyés notamment par son propre parcours en Sierra Leone) et publié dans le Journal of Medical Ethics n’a pas non plus trouvé grâce aux yeux des ONG et des militants, occasionnant une nouvelle levée de boucliers unanime face à un abstract au final relativement tiède : « Les pratiques traditionnelles liées aux mutilations génitales féminines, bien qu’ancrées dans de nombreuses cultures, sont devenues le point central d’une vaste campagne mondiale contre les mutilations génitales féminines (MGF). Dans cet article, nous analysons de manière critique les préjudices engendrés par le discours et les politiques anti-MGF, malgré leur fondement sur la défense des droits humains et la promotion de la santé. Nous soutenons qu’un récit stéréotypé et omniprésent occulte la diversité des pratiques, des significations et des expériences vécues par les personnes concernées. Ce discours, fortement marqué par un cadre racialisé et ethnocentrique, a entraîné des conséquences graves mais involontaires : l’érosion de la confiance dans les structures de soins, la mise au silence des voix communautaires dissidentes ou nuancées, le profilage racial et la surveillance juridique disproportionnée des familles migrantes. De plus, nous soulignons un double standard troublant qui légitime des interventions chirurgicales génitales comparables dans les contextes occidentaux tout en condamnant des procédures similaires dans d’autres. Nous appelons à un journalisme, à des politiques et à un discours public plus équilibrés et fondés sur des preuves, qui tiennent compte de la complexité culturelle et évitent la force réductrice et stigmatisante du terme « mutilation ». Une réévaluation des stratégies de plaidoyer est nécessaire pour s’assurer qu’elles ne reproduisent pas les injustices mêmes qu’elles visent à combattre. » https://jme.bmj.com/content/early/2025/12/14/jme-2025-110961
On peut lire sur une brochure de l’United Nation Populations Fund un résumé assez parlant d’une plaisanterie aux allures de génocide culturel à visage humain : « Les communautés pratiquant l’excision génitale féminine (EGF) considèrent généralement cette pratique comme un élément important de leurs traditions culturelles et de leurs obligations sociales, ainsi que comme un devoir religieux. Si le droit de participer à la vie culturelle et la liberté de religion sont protégés par le droit international, ce dernier stipule également que la liberté de pratiquer ses traditions et croyances ne saurait prévaloir sur la protection des droits et libertés fondamentaux. Par conséquent, le droit de pratiquer des croyances religieuses et des traditions sociales et culturelles ne peut être invoqué pour justifier l’EGF. »
Des zonards, découpés en zones. Le Nord est une girouette hygiéniste qui rendrait fou n’importe qui : ses angoisses de contamination découpent la vie en des « temps pour tout » auxquels on gagne le droit de « participer » en ne faisant pas trop de bruit. Il débarque chez vous, vous donne le droit inaliénable d’être intubé par des ONG (dont la présence chez vous signale un free use philanthropique) et d’offrir en spectacle régulier un théâtre qu’il façonne à sa mesure, et lorsque vous l’ignorez, l’évitez, parce que l’école, l’hôpital, l’administration, les autorités, l’Église reçoivent des directives de surveillance et un nouvel organigramme il se frotte les mains, car cette réaction est prévue dans son théâtre pour confirmer l’obscurantisme dont il est venu vous libérer. On vous proposera alors des activités, et il sera enseigné la clarification des valeurs, et l’éternelle batterie d’exercices d’éducation bienveillante dont on déterminera l’efficacité sur une « ethnie » immorale avant de l’intégrer aux programmes scolaires d’éducation à la citoyenneté francophones, car sans Raths et Simon bien évidemment vous n’auriez jamais été capable de comprendre ce qu’était « l’acte de choisir librement » entre deux « programmes basés sur l’adhésion de la population ». J’attache une importance particulière au terme de « neurocolonisation » de Franco Lollia qui ne remplace pas seulement un système par un autre, mais qui porte littéralement dans ses intitulés internationaux le terme « d’élimination ». Les technologies de pouvoir sont toujours testées sur les aversions du Nord, mais le Nord ne se cache pas spécialement ce faisant. Je cite un document éducatif français présentant la « méthode de clarification des valeurs » de Raths et Simon « On ne travaille pas ici sur une solution aux problèmes affectifs mais sur la hiérarchisation personnelle. Il s’agit pour eux, de développer chez les élèves, des compétences transversales qui leur permettent d’ajuster régulièrement leurs valeurs aux aléas de la vie plutôt qu’à des valeurs établies, transmises par leurs éducateurs. ». On compare souvent l’école à une prison ou une entreprise, à raison, mais quasiment jamais à une colonie, ni à un génocide. Pourtant tout est là : la rupture volontaire de transmission, la suppression d’un système étranger et donc automatiquement hostile et incompatible qui ne relève pas de l’identité mais d’une somme permutable de valeurs, la mise en antagonisme et en incompatibilité d’une quelconque connaissance qui ne soit passée à l’épreuve du nouveau système qui ne puisse échapper à l’individualisation que l’énoncé innocente d’ailleurs des « problèmes affectifs »; la seule définition de l’idéal devient donc : « la valeur n’est pas le fruit d’un consensus mais bien de l’adhésion personnelle librement consentie et qu’elle peut être constitutive d’une norme. ». J’encourage vivement la lecture des document suivants https://histoire-geo.ac-amiens.fr/IMG/pdf/dilemme_moral_clarification_valeurs.pdf
https://lettres-histoire.ac-versailles.fr/IMG/pdf/ress_emc_clarification_des_valeurs_464242.pdf
et de relire à leur lumière le traitement racialisé des VBG, des MGF, de l’ASE, du patriarcat, des foyers, de l’école, des prisons, de la santé mentale, du droit international, de l’humanitaire, de l’immigration, de l’associatif, du masculinisme, des rapports de domination, du traumatisme, du « devoir de mémoire » et de l’intégration de l’esclavage dans le corpus républicain car ce qui sert de canva au néo fascisme c’est encore, toujours, un nègre sans conscience qui ne peut qu’échouer au test de QI, non parce qu’il est noir, non qu’il faille « adapter le test de QI », mais parce qu’on a charclé sa mère, son père, ses frères et ses sœurs en les rendant « malades » pendant que la gauche suppliait d’être soignée et de faire l’école aux singes . Je termine avec nul autre que le site de l’OMS avec un exemple concret de l’application du concept colonial des « valeurs » et de la « santé » à des fins de fichage, d’accès et d’effacement de divergences https://www.afro.who.int/fr/photo-story/le-kenya-elargit-les-services-mobiles-de-sante-sexuelle-et-reproductive-aux-communautes
Aucune voix dissidente, absolument aucune, ne se déclare « pour les mutilations ». C’est bien le but de l’énoncé « Mutilations Génitales Féminines » de rendre jusqu’à la contestation du terme immensément difficile à entendre et faire entendre sans devoir justifier sur dix pages de n’être pas un psychopathe pur jus. La folie sous entendue par les « pratiques de mutilations génitales féminines » a le rôle de diagnostic définitif, et comme tout diagnostic basé sur la morale et l’adhésion massive du public à celle ci il a le pouvoir de contamination de la peste. Je profite de n’être ni universitaire ni au milieu du milieu militant pour souligner l’importance des relais français d’articles le plus souvent anglophones, quand bien même il est possible de les trouver sans trop de difficulté. Contrairement au nombre hallucinant d’aberrations, de contresens, de racisme débridé, de paternalisme réducteur, de raccourcis tronqués et d’encouragements assez littéraux à l’interventionnisme et à la surveillance, le fichage et l’identification généralisée de TOUTES les femmes provenant de « zones à risques » et par extension de leurs familles en France comme dans leur pays, leurs proches, dont elles sont parfois isolées des années durant par simple « suspicion de planification de MGF » qui peuvent être directement communiquées a la police, la justice et à l’administration publique, les articles que je cite font tous preuve sans exception non seulement d’une rigueur et d’un souci de restitution qui dépasse la rigidité académique et militante et révèlent un tableau radicalement différent une fois évacué la pitié sensationnaliste et les très prisés témoignages de « mutilées à vie », accompagnés de leur lot de photos d’un goût douteux où des membres d’ONG et des investisseurs internationaux tout sourire posent dans des foyers de jeunes filles noires exhibées comme des poissons exotiques mais « enfin en sécurité », « enfin libérées » de leur famille, leurs amis, leurs enfants, leur passé, leur histoire. Je ne compte plus le nombre de phrases prononcées d’un air hésitant à la vue de ces « sauvetages » commençant par « au moins... ». Je ne les blâme pas. Le « moins pire », l’improvisation, sont des stratégies de crise. Un abri de fortune à un moment précis peut offrir un court repos, un repli stratégique pour rassembler ses pensées avant de retourner dans la mêlée. Mais une stratégie de crise à échelle nationale ou internationale est avant tout une stratégie politique, où la crise et ses conséquences sont évaluées et adaptées par les puissances dominantes. Je voudrais parvenir à expliquer le plus clairement possible à toute personne sincèrement désireuse d’aider au détriment de son propre bien être qu’un foyer pour femmes battues, prostituées, vagabondes, n’échappe à aucune règle de fichage, ni aux limites de pensée de la doctrine du « moins pire » puisque le moins pire humanitaire n’offre aucun abri. Un foyer pour femme à l’ère du fascisme bienveillant et de la collecte de donnée est un supermarché, un musée, un parc d’attraction où à chaque instant il est demandé des femmes qui y entrent de montrer « ce qu’il a fait », de dire « ce qui s’est passé », où durant un instant on peut entendre une sirène chanter que « c’est fini ». Il est également possible de subir un interrogatoire particulièrement poussé, et si c’est la seconde ou une autre fois savoir que le secret professionnel n’existe pas pour les « personnes à risque », statut qui prend ou perd des points selon des règles obscures. Il est possible d’être détenue contre son gré si au cours d’une visite un médecin conclut sur la base de sa propre vision à une « majeure vulnérable sous emprise et danger imminent » ou d’une mineure « en danger ou en risque de danger ». Il est possible qu’on soit déjà fiché, ou non, qu’à cause de nous un ou des membres de notre famille soit fiché ou non, on ne le saura que par hasard ou peut être jamais. Voilà pour la France, même s’il y aurait tant à dire. Maintenant, les foyers hors métropole pour femmes migrantes et Africaines. Les caméras y entrent librement, comme dans les écoles d’ailleurs. Des foyers se plaignent de la lourdeur des démarches pour se protéger des accusations de trafic d’enfants lancées par les Autres des Autres, les obscurantistes qui se méfient du foyer et du droit d’être libre qui n’ont, vraiment, aucune raison de s’inquiéter de la détention de leurs proches. A leur tête on trouve des entrepreneurs, et il est d’ailleurs rabâché le même cours magistral du « leadership féminin » et de la « résilience ». Tout ça est bien sombre mais pour terminer sur une note d’espoir, évidente mais nécessaire : les Africains ne sont pas dupes, et je souhaiterais du fond du cœur éviter l’éternel recommencement où, dans quelques années, il ne s’agira plus de libérer les femmes africaines de leurs hommes et d’eux même mais de libérer les africains de la nouvelle « bourgeoisie noire » qui sert de nouveau projet panafricaniste et ainsi recommencer, encore et encore, un cycle d’ingérence de faux messie. Cette « bourgeoisie noire » de la misérable « renaissance africaine » à la sauce Liberia fémocrate recoloniale et qui a un boulevard devant elle pour s’exprimer « en tant que personne concernée » dans les médias du Nord, ne rend que plus ardue la déjà difficile liaison entre les diasporas et les réalités de leur pays, et il sera à tout instant tentant de s’y abandonner puisqu’elle est la promesse de souscription au pacte racial qui nous guette, tous, lorsqu’on a l’impression de naviguer à vue dans l’abîme sans mémoire, sans Histoire, sans preuves qui nous est si gentiment offert en guise d’ontologie. « Light nigga, dark nigga, faux nigga, real nigga
Rich nigga, poor nigga, house nigga, field nigga
Still nigga »
Va-t-on « se remettre » de cette foutue colonisation ? Probablement pas, si l’on considère que le noir est un éternel éclopé, et que la totalité des efforts présents et à venir prennent la dangereuse direction du sujet de cet article. Le « trou noir », fantasme de manque à combler universel par un envahissant syndrome de l’infirmière, mériterait son propre article tant il est révélateur de sa propre antithèse : il n’est qu’une projection d’une somme astronomique d’informations qui forme la perception de la réalité politique d’un Empire bâti sur l’accumulation et la jouissance frénétique de l’invasion de territoires (zones, corps, pensée, imaginaire...) qu’il rêve « vierges ». Jouissance qui possède d’ailleurs de multiples formes dépassant la lecture tronquée du tandem commun violence physique/accumulation de richesses qui, bien réel et toujours d’actualité, s’accompagne par exemple de la jouissance humanitaire et du sentiment d’être « dans le bon », ou de la jouissance sécuritaire et du sentiment d’être protégé, ou encore de la jouissance de la connaissance et de la conviction d’un Tout lisible et bien délimité.
La mutilation n’est une « culture » dans aucun endroit du globe, si l’on veut jouer à l’universaliste. Cependant j’aimerais présenter le rapport final du volet « Excision et handicap » qui présente très clairement sa méthodologie biaisée, la prédation assumée de la collecte de statistique dans un milieu médical et l’illustration d’une des formes de fabrique du consentement dont l’Occident se targue de protéger les mêmes femmes qu’il trompe en toute connaissance de cause, sur des chiffres bancals basés sur des systèmes d’analyses prédictifs et un résultat cousu de fil blanc, dont je voudrais partager un extrait assez représentatif de la mascarade : « Dans certains cas, la femme a déclaré ne pas être excisée alors que le médecin pose un diagnostic d’excision. Il s’agit alors de femmes qui ne connaissent pas leur statut (37 cas). Mais l’inverse est aussi possible : la femme déclare être excisée et le médecin dit qu’elle ne l’est pas. Il existe donc finalement un certain nombre de cas pour lesquels le statut de la femme par rapport à l’excision ne peut pas être défini objectivement par le médecin. Ce résultat a priori surprenant pose question et fera l’objet d’analyses approfondies. Il semble en effet qui si dans certains cas, le médecin n’a pas été en mesure de poser un diagnostic par manque de connaissances et de formation sur la question, dans d’autres situations, ce sont les séquelles physiques de l’excision qui ont été difficiles à repérer et ont conduit à un mauvais diagnostic. » https://hal.science/hal-02110998v1/file/Rapport_final_ExH_volet_quantitatif.pdf . J’ai perdu beaucoup de sommeil durant la rédaction de cet article, que je dois clore alors que s’écrivent encore des pages et des pages, car il y a tant à dire. Il est arrivé plusieurs moment où j’ai été tenté d’abandonner, face à la violence, toujours assumée, de l’Occident, face à la gueule du monstre auquel je ne peux plus échapper en me bouchant les oreilles et en fermant les yeux et que je ne pourrai probablement pas voir mourir avant de devenir ancêtre. Je suis peiné, également, que cet article blesse potentiellement des personnes qui le liront comme j’ai été peiné de lire il y a quelques années un article qu’on m’avait présenté comme « disant aux victimes de se taire », et qui dénonçait l’instrumentalisation des mariages forcés à des fins impérialistes. Peut être est il temps de réaliser qu’une parole sélective donnée, amplifiée et triée sur le volet ne peut être isolée du contexte de guerre qui la privilégie, qu’il ne s’est jamais agi de la remettre en doute, puisqu’il ne s’agit pas de souscrire à la doctrine du choix imposé. Mais lorsque la parole de Mariatou Koita est décrite comme « l’adhésion à une valeur de la société d’accueil » par un anthropologue, et que le Monde se fend d’un article exalté pour relater le cours des évènements, le tableau est clair et annonciateur du seul traitement réservé aux familles noires qui ont le malheur de se coincer dans les phares : « L’une porte un tailleur beige. L’autre est habillée d’un boubou coloré, le costume traditionnel africain. La première vient d’obtenir sa maîtrise en droit et rêve de devenir magistrate. La seconde est mère de sept enfants et femme au foyer. […] entre Mariatou et sa mère il y a plus qu’une différence, il y a un monde d’incompréhension. » https://www.lemonde.fr/archives/article/1999/02/11/excision-mariatou-cote-partie-civile-sa-mere-parmi-les-accuses_3536113_1819218.html
8 ans de prison pour « l’exciseuse », et pour Mariatou Koita un droit, celui d’entamer un long protocole identitaire après avoir été mise « en pièces », dans le bien nommé « parcours de reconstruction ».
Ce parcours, où de « mutilée », la femme noire deviendra « enfant », puis « mature », puis « femme », se conclut lorsque le collège pluridisciplinaire convoqué aura jugé qu’elle a acquis les compétences nécessaires à l’expression de la seule demande jugeant de son droit à l’assimilation, à une identité et la vie : la réparation.
« Les demandes « identitaires » et « symboliques » nécessitent un ensemble de capacités préalables pour pouvoir être formulées. Elles sont issues d’une narration, d’une production discursive et comme telles, demandent une maîtrise de la langue française, tout comme des compétences réflexives et auto-analytiques. Ces compétences sont utilisées pour produire un discours sur soi, ce qui est la spécificité de ce type de demande. Elles sont acquises dans le cadre du processus de socialisation, au sein duquel une facilité à parler de sexualité se développe. Les femmes qui peuvent mettre les compétences discursives et réflexives au service du travail psychologique sont considérées par l’ensemble de l’équipe (lors des réunions collectives de staff) et au sein des comptes rendus psychologiques et sexologiques, comme des femmes « matures » https://journals.openedition.org/droitcultures/6078?lang=fr
Avant Denis Mukegwe s’est tenu un petit théâtre autour de la personne du chirurgien Pierre Foldes qui, non content de clamer à qui veut l’entendre qu’il « répare les femmes » (élément de langage largement repris partout où il passe, transmis par la suite à son ami Mukegwe), n’a eu de cesse de s’épancher sur le courage de ces femmes, la larme à l’œil et la voix tremblante, ses petits « miracles » noirs personnels, qui viennent lui réclamer le droit de jouir et de devenir. « Revendiquer le droit d’être femme », c’est apparemment se faire exciser- par lui bien sûr, pas les autres sauvages, mais Lui, ce héros et pur produit de la pornographie de la souffrance omniprésente, qui excave la pierre philosophale à en croire ses longs monologues sur le clitoris des femmes noires.
Le fondateur et président de Médecins du Monde Belgique, chirurgien urologue et « créateur de la technique de réparation de l’excision », est un grand admirateur de Mère Theresa, avec qui il travaillera 3 ans. La Vie le présente comme le « chirurgien du plaisir » . « Derrière son bureau à l’hôpital, un agrandissement d’une photo le montre aux côtés de Mère Teresa. Pendant trois ans, il a travaillé dans l’un de ses mouroirs et y a compris “le vrai sens de l’engagement humanitaire. Elle avait, dit-il, une capacité incroyable à entrer en communication avec celui qui allait mourir, par les mains, les yeux, avec une sensualité étonnante.”
Croyant, Pierre Foldes puise son énergie dans la parabole des talents. Sur un autre mur de la pièce, une mosaïque de photos témoigne de ses missions: des scènes d’enfants criblés d’obus y côtoient le portrait de Gandhi. “La cruauté de l’homme n’a pas de limite, regrette Foldes, mais ce qui me fait espérer, c’est qu’ils sont encore plus nombreux à tirer dans le bon sens.” » https://www.lavie.fr/ma-vie/sante-bien-etre/foldegraves-chirurgien-du-plaisir-35457.php
Pierre Foldes a vu la femme noire et est tombé fou amoureux, atteint par le même réflexe de Pavlov que ses semblables, de l’Insoutenable indigente que son Empire lui a appris à voir. L’Empire est rempli de Foldes souffreteux, d’Epsteins qui s’épanche sur une scène aux côté de Kering, Ashoka, Women Safe and Children et sa délégation de prostituées de Babylone, seulement ému par son courage et par la pensée que où qu’il aille, il y aura toujours ses bien aimées, ses femmes noires cassées, ses golems à qui il est le seul à pouvoir insuffler la vie, qu’il emmènera avec lui sur le plateau de Fogiel pour que d’autres puissent s’émouvoir de « son miracle » ; dont chaque microexpression sera scrutée durant son récit, avant que Fogiel se mette à lire un extrait du livre de Foldes toujours dans ce souci de pornographe débordant d’émotions. L’interview se terminera sur la seule question qui, au final, brûlait toutes les lèvres : bamboulette a-t-elle joui ? Puisque l’Occident, la « culture supérieure », apparemment, n’a que cette perspective à offrir en terme de « réparation identitaire » ?
Et sa collègue Frédérique Martz d’étaler avec enthousiasme la vie sexuelle de ses patientes « Ce n’est pas une chirurgie esthétique pour riches Saoudiennes, mais une opération humanitaire », précise Frédérique Martz, qui se souvient du récit de l’une de ses patientes, lors de son premier ébat postopératoire. « Elle a allumé la lumière de la chambre et a demandé à son compagnon de faire l’amour dans la clarté. Pour la première fois, m’a-t-elle dit, elle n’avait pas honte de son corps ». https://www.pourquoidocteur.fr/Femme/9729-Excision-quand-la-chirurgie-repare-les-femmes-mutilees
Je dois dire que j’ai pu souffler un peu en retournant sur d’anciens forums, le mentionnant lui, le « Docteur clito », ou le GAMS et les parcours de chirurgie. Tout enflammé que j’étais d’absolument vouloir afficher ces escrocs j’en aurais presque oublié les choses un peu plus légères, un peu plus simples et évidentes des discussions et engueulades, qui portent toutes en trame de fond la signification d’une telle opération et une conflictualité franche.
« certes il y a des filles qui ne savaient même pas qu’elles étaient excisées et d’autres qui s’en rappellent comme si c’était hier et en font encore aujourd’hui des cauchemars, il ne faut pas l’oublier aussi !!
« Et je vois pas en quoi le fait de l’avoir apprit trés tard par le bias d’autrui doit être un loT de consolation? »
« Dites-vous que c’est Dieu, et acceptez-vous telle que vous êtes, c’est tout. Celles qui viennent faire de la pub de ce Modès, c’est juste affecté, car pour elles c’est une manière de faire à travers cet acte la publicité de leur GAMS qui se cherche encore des fonds et d’ailleurs une campagne médiatique serait en gesticulation (selon des sources sûres) pour se remplir les caisses encore sur le dos des pauvres négro-musulmans de France. C’est vraiment triste. Surtout si le GAMS vous incite d eporter plainte contre vos parents, refusez-le immédiatement, parce que c’est pour se servir de vous et par la même occasion vous risquez d’offrir l’honneur de vos parents à des loups affamés. »
« faite quand meme attention et reflechissé bien avant. c’est important mais c’est a vous de choisir et personne ne doit le faire a votre place. »
« Moi je me suis fait opéré depuis peu(6mois) et je n’ai vu aucune différence,d’ailleurs j ‘ai même regreté car j’ai perdu mes anciennes sensations.
est ce qu il ya d’autre filles ds mon cas ou le cas contraire? »
« C marrant mais je me dis que certaines ne savaient même pas qu’il leur manquait quelquechose et encore moins que cette chose s’appellait le clitoris.Et du jour au lendemain, elles ont désiré combler ce grand vide!Bien sur vous avez été mutilées. Le plus intelligent serait de ne pas reproduire la même erreur sur vos filles.
« Il serait vraiment dommage que vous puissiez croire qu’un certain docteur ... puisse faire quelque chose pour vous, enfin du moins c ce ke je pense.Mais faites comme vous le voudrez, ce sera une nouvelle manière de se vendre à l’Homme Blanc et qu’il puisse une nouvelle fois tourner en dérision ces pauvres Nègres dépaysés et déracinés... »
« Franchement celles qui veulent faire recours a cette operation soit disant “FAIRE REVENIR” le clitoris, ca me depasse, on veut lutter contre l’excision et maintenant c’est quoi faire une operation pour que ca vienne, mais savez vous a quoi vous avez a faire??? Ben, croyez moi c’est n’inporte quoi, ce Dr ne veut que se faire de l’argent, et il n’est pas bete, comme il sait que la plupart des filles black sont excisees, et comme nous on croit tout ce que le blanc nous dit, et voila on s’y jette comme des ignorants »
« à chacune de faire la part des choses. Je m’excuse au cas mon message vous outragerait. Wassalam. »
« On peut ne pas être d’accord avec elles, mais elles resteront nos soeurs. Nous nous sommes permis de leur donner des conseils pour qu’elles fassent attention. C’est tout. »
Bon. RàS, et sur tous les forums le même constat : absolument PERSONNE n’a attendu des colons fous, des chirurgiens tremblotants ou des universitaires ennuyeux pour en discuter et peser le pour et le contre, saisir les différentes implications d’une opération ou s’engueuler franchement. Mon cœur s’apaise un peu en me souvenant des engueulades de famille avant que le parcours dans lequel on nous a inscrit nous rende étrangers les uns envers les autres, avant que la contradiction et le tiraillement ne nous soient inculqués comme preuve indétrônable de notre aliénation totale. Je ris en voyant les noms d’oiseaux dont est affublé Foldes, aux vannes un peu lourdes, aux quelques rappels un peu en catastrophe, aux insultes qui fusent et je retrouve la variété de raisons pour laquelle n’importe qui pourrait souhaiter une chirurgie : parce que ça pourrait être plus joli, parce que pourquoi pas, par la curiosité de voir si des sensations peuvent apparaître, parce que c’est un complexe… Au niveau des retours même variété de réponses, des fois c’est cool, des fois c’est nul, décevant, et les conclusions finissent souvent par «ça vous regarde, du moment que vous êtes heureuses ».
Après des années de lutte ce sont les « intersexes » qui vont gagner eux aussi le droit d’avoir des droits validés par la preuve, le droit d’être sauvé de ce destin funeste du trou https://www.hrw.org/news/2025/10/22/intersex-rights-advance-based-on-evidence-principle pour le grand final, l’épitomé de l’intégration : défiler dans la paix. La honte.
Nous n’avons besoin de rien d’autre que ce que nous avons déjà pour les déstabiliser : nous. Le colon a horreur du vide et il veut tout savoir, comprendre ce monstre d’irrationalité, mais puisqu’il n’a que des diagnostics et la mort à offrir, mes frères, mes sœurs, continuez à mentir, mentez leur à la hauteur de l’amour que vous portez à vos proches, mentez aux menteurs qui ne voient que des trous et pour qui la simplicité de la vie -y compris dans ses contradictions et sa conflictualité permanente- ne suffit pas. Qu’ils nous tuent ou qu’ils nous cajolent, qu’ils agitent le droit, la science, leurs lumières ne change rien, qu’ils essaient de nous monter les uns contre les autres, de nous enseigner la passivité ou la résignation, tout pour nous perdre ou nous rendre inoffensifs, détourner l’attention, en nous faisant croire qu’il n’y a qu’une lutte vaine, alors qu’il y a l’amour et qu’il y a déjà tout. L’Occident ment, et souhaite qu’on écoute le petit planqué Rudy Reichstadt nous traiter de complotiste, et les bouchers héritiers de J. Marion Sims nous appeler à la raison. Les Etats Unis, l’Europe, la France, le continuum colonial n’ont offert que des dilemmes en toc, des guerres spéculatives, des massacres ignobles, et la folie -qu’il ose dire « folie de l’Homme !- de s’arroger l’honneur de désigner le « droit de vivre » et le Vrai.


Si je préfère me crever les yeux que de devoir un jour relire ta merde, choix éclairé ou automutilation ?
C’est quoi cette merde sérieux